LES ANIMAUX MARINS

Sauts de thons et marlins en chasse lors des dernières sorties du Voilier Amilou avec mes stagiaires....

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La vie privée des dauphins

L’article qui suit concerne essentiellement le Grand Dauphin ou Tursiops truncatus. Il va de soi que les cultures varient non seulement d’espèce à espèce (dauphins pélagiques, dauphins côtiers) mais aussi de tribus  à tribus, selon la localisation géographique du groupe. Les Tursiops de la Mer noire ne se comportent pas nécessairement comme ceux de la Floride, ni ceux de Floride comme ceux de la Louisiane. Bien des pages seraient nécessaires pour passer en revue les modes de vie de touts ces Peuples de l’Océan. Et ne parlons pas ici des orques, des globicéphales ou des orcelles !

 

ENFANCE ET FAMILLE

Lors de l’’accouchement qui a lieu sous l’eau, Bébé Dauphin est aussitôt confié par sa mère à une cousine, une sœur ou une amie qui le remonte rapidement à l’air libre afin qu’il y inspire son premier souffle par l’évent, cette sorte de «narine» perchée en haut de son front.
Toute sa vie, notons-le, cette «marraine» prendra soin de l’enfant à l’instar de sa mère.
Le delphineau reste en moyenne de 3 à 5 ans tout près de sa maman, qui le surveille de près. Les liens qui les unissent sont extrêmement forts et dureront toute la vie.
La maturité sexuelle ne sera d’ailleurs atteinte qu’à 13 ou 15 ans pour les garçons, 7 à 12 pour les filles, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils soient en âge de se reproduire ni qu’ils s’engagent dans une vie d’adulte dès cet âge là.

Très tôt, le delphineau pousse de joyeux babilles et reçoit un nom propre, sa «signature sifflée»qui le distinguera de tous les autres dauphins et permettra aux tribus extérieures à la sienne de connaître son identité et son clan.    

La liberté, c’est le bonheur

ORGANISATION SOCIALE

Les communautés Tursiops s’organisent en effet en «tribus» d’une centaine d’individus des deux sexes et de tous âges (de 0 à plus de 60 ans en moyenne), subdivisées en  «clans», d’une quinzaine de personnes, eux-mêmes constitués de « familles » de 5 à 6 individus.
Les dauphins résidents occupent en général une vaste portion de côte, pouvant s’étendre sur 120 km et dont les frontières chevauchent souvent celles des communautés voisines. Aucune inimitié entre ces «villages marins», mais bien au contraire, des échanges incessants, des amitiés, des alliances et des conflits sur une plus vaste échelle encore.
On parle ainsi de « super-tribus », comparables à nos «nations» et l’observation de certains rassemblements, regroupant parfois plus d’un millier d’individus, pourraient en effet confirmer cette hypothèse.
La société dauphin est de type «fission-fusion» : on va, on vient, on change de lieu et de partenaire, on se bagarre aussi entre mâles, mais sans qu’il y ait de victime ni de sang versé, on demeure entre gens de bonne compagnie.

Durant la belle saison, tout le monde nage près des côtes, à fourrager dans les prairies marines des baies bien protégées ou à plonger profond dans les ténèbres, sous 600 mètres parfois, en se guidant par écholocation à la manière des chauves-souris, grâce aux sons pulsés (clicks) émis par l’évent. Quand la saison se fait plus tempétueuse, les dauphins s’écartent à l’abri vers le large. Les matriarches constituent le centre même de la société dauphin. Elles vivent souvent à quelque distance des mâles adultes qui se regroupent à l’écart du territoire commun.

 

EDUCATION 

L’éducation d’un jeune dauphin est complexe, car elle suppose dès l’abord l’acquisition du «parler» propre à la tribu.
A l’instar des nations humaines, chaque communauté développe en effet, à partir d’une base commune (tels les phonèmes chez les Humains) d’’authentiques langages propres.

A sa naissance, le delphineau est incapable de prononcer les mots que manient les adultes.
Ce n’est qu’au prix d’un long apprentissage (vers deux ans en moyenne, toujours comme chez l’humain) que l’enfant pourra enfin émettre correctement son
propre nom d’abord, puis celui de ses proches et  puis enfin des phrases de plus en plus complexes.
Ces sons, émis par l’évent, sont concentrés par le front comme par une loupe et construits, selon les observations menées en Mer noire par le Dr Vladimir Markov avec le soutien militaire de l’OTAN, en fonction d’’une grammaire stricte mêlant «sons pulsés» (clicks), sifflements et quantité d’autres émissions sonores. Nul à ce jour n’a réussi à décrypter le sens de ces langages exotiques mais des expériences en laboratoire semblent prouver qu’ils véhiculent bien des images et des notions abstraites.
Des recherches récentes (2011) ont mis à jour un système de communication bien plus complexes encore et se poursuivent aujourd’hui.

Bébé dauphin devra également se former aux innombrables techniques de chasse de son groupe, aux jeux sociaux, au « tir sonar » permettant d’assommer un poisson d’un «crack» ultrasonore plus efficace qu’un coup de fusil, ainsi qu’à bien d’autres traditions transmises de génération en génération.
Son sevrage commence en douceur : la maman ou la gardienne du jour disperse dans l’eau des fragments de poisson mort, que le jeune enfant attrape. Puis il s’exerce lui-même à attraper des alevins vivants.

La tribu toute entière veille sur ses enfants et il n’est pas rare de voir passer des petites crèches en déplacement, les adultes nageant en V et poussant devant eux, dans une sorte de mini-crique mobile, les bambins regroupés par classe d’âge.
Cette surveillance partagée des enfants est d’autant plus nécessaire que les cétacés doivent parfois descendre assez bas pour dénicher de la nourriture. Le bébé ne pouvant pas suivre sa maman aussi profond, une amie, une tante ou parfois même un grand frère se chargeront de veiller sur lui en surface. Ce type de comportement « alloparental » est particulièrement développé chez la plupart des cétacés et surtout chez les cachalots.

Le trio, formation sociale de base pour les mâles

 

ALLIANCES

Quelques années avant que d’être pleinement adultes, les dauphins adolescents se rassemblent au sein de groupes mixtes de jeunes d’âge différents, que l’on pourrait comparer à des sortes de colonies de vacances.
On joue, on flirte, on fait plein de bêtises, mais les parents sont là qui se tiennent à distance et prennent garde aux dangers. Des liens d’amitié se nouent entre certains jeunes.
C’est à ce stade que se constitue le noyau dur d’un « duo », d’un « trio » ou d’un « quadruplet ». Lorsque les mâles atteignent l’âge de 10 ou 15 ans, ils s’associent en effet en petites bandes (gang) très soudées de deux, trois ou quatre amis d’enfance qui voyagent de concert à la rencontre des femelles.

Ces « gangs » ne se fondent donc pas sur des liens de parenté mais plutôt sur une connivence, une identité de vue qui rend l’association possible et performante. Il existe également des groupes de femelles, élaborées de façon plus familiale, plus subtile aussi et nettement moins connues.

En Floride et ailleurs, on a pu observer la constitution de super-alliances : des trios s’alliant à des duos ou à des quadruplets pour aller se bagarrer avec une autre alliance. Ces bandes élargies sont plus versatiles et changent rapidement de partenaires au gré d’une politique peu ou prou comparable à celle de l’homme, les amis d’un jour devenant les ennemis du lendemain, à cause d’histoire de femmes !

Chose plus étonnante encore, on observe fréquemment des amitiés inter-espèces entre les cétacés ou même d’autres espèces : ainsi, les dauphins Tursiops apprécient particulièrement la compagnie des globicéphales et des dauphins tachetés ou chassent avec les thons. Les Seigneurs de l’Océan, baleines et cachalots sont entourées d’égards et de signes de respect par des bandes entières de dauphins. On a vu des Tursiops assaillir les bateaux des baleiniers en protestant à grands cris quand la chasse commençait, on a vu enfin- et à combien de reprises ! –des dauphins sauver des humains de la noyade, les protéger des requins ou guider leurs navires loin de récifs dangereux….

Une mère porte le deuil de son enfant. Le deuil et les rites funéraires existent chez les dauphins comme chez les éléphants

 

 

VOYAGES VOYAGES 

Les mâles adultes, toujours regroupés en duo, trio ou quadruplet, effectuent peu à peu des voyages de plus en plus longs, qui les mènent parfois à des centaines de kilomètres de chez eux, à la rencontre d’autres tribus et de leurs jolies femelles. Ces Don Juan insatiables quittent alors leur famille pour de longues périodes. Les «fiancées» croisées en cours de route les accompagnent un moment, avant de revenir bien vite chez leur maman, avec un futur bébé dans le ventre dont toute la famille prendra soin.

Loin des côtes, les dauphins s’orientent en se fiant aux courants marins et magnétiques, aux vents et fort probablement, en observant dans le ciel certains mouvements d’étoiles et de constellations qui les aident à se guider. Ils s’amusent en pleine tempête de la colère des flots et surfent avec bonheur sur des vagues monstrueuses. Néanmoins, lorsque l’océan se déchaîne à l’excès, la nage en surface exige plus d’habilité, car l’air se trouve alors saturé de vapeurs d’eau et devient difficilement respirable.

Même après leur séparation, l’enfant et sa mère gardent des contacts réguliers.
En Floride, le fait suivant a été rapporté : un mâle adulte, parti au loin depuis un an ou deux, est retourné visiter sa mère le jour de la naissance de son nouveau petit frère ! Il semble que ce comportement ne soit pas rare et que l’on puisse même parler de « fête » chez les dauphins.

Une vidéo nous montre par exemple comment quatre ou cinq « sentinelles » parviennent à repousser vers les fonds un squale gigantesque. Plusieurs fois, des renforts doivent être appelés à la rescousse mais la lutte se passe sans morsure ni combat, juste par menaces de rostres ou de caudales et par une pluie d’ultrasons insupportable au grand prédateur. Dépité, le requin blanc se résout enfin à disparaître en grondant vers l’abysse. A cet instant, la caméra saisit une scène étonnante : tous les dauphins de la tribu s’empressent autour des vainqueurs et les acclament à grands coups de cliquetis et de sifflements, pour les féliciter en dansant autour d’eux !

Vidéo : une mère défend son enfant

VIE SEXUELLE 

La vie sexuelle des dauphins est de type promiscuitaire, permettant par exemple des coïts à plusieurs et d’incessants échanges de partenaires, à n’importe quel moment de l’année.

Cette dernière caractéristique (l’indépendance du plaisir par rapport la reproduction) est le seul fait de l’homme, de certains grands singes et des cétacés. Même si des cycles existent- les enfants naissent à la belle saison – la vie sexuelle joue manifestement un rôle social essentiel chez les dauphins.

Caresses et séduction sont d’excellent moyens de résoudre les conflits mais aussi, puisque chaque dauphin peut potentiellement être le père de chaque enfant, d’assurer à n’importe à quel petit une protection rapprochée.

L’accouplement ressemble en revanche à une sorte de « viol simulé ». Sous l’eau, on n’est jamais de trop pour stabiliser une delphine et se livrer aux jeux de l’amour. Une fois ceux-ci lancés, néanmoins, l’imagination des dauphins ne connaît plus de limites et la sensibilité extrême de leur peau rend leurs échanges extatiques. Les préliminaires amoureux se prolongent souvent des heures avant qu’un double ou triple coït (chaque mâle succédant l’un à l’autre) ne conclue le rapport en quelques brèves et acrobatiques secondes.


CHASSE ET CUEILLETTE

Il existe une infinité de techniques de chasse en fonction du milieu marin et des traditions locales, qualifiées de «carrousel horizontal», «carrousel vertical», «bouilloire»,  «technique du mur» etc. Leur point commun  est de rassembler à coups de sonars tous les poissons d’un banc vers un centre afin de constituer une «boule de viande» où chacun vient picorer à son tour. Certains dauphins chassent également le poisson jusque sur la rive, en le poussant à s’échouer. L’exercice est plus périlleux, puisque le dauphin risque également de s’échouer en récupérant sa proie. D’’autres enfin soulèvent des nuages de sable pour aveugler le poisson, d’’autres encore repoussent les bancs contre une falaise.

Des groupes entiers s’en vont aussi en file indienne puis gagnent le large pour de plus vastes randonnées, qu’encadre une armada de « scouts » dépêchés alentour afin de repérer les meilleures zones de pêche. Lorsque ces scouts reviennent, ils se placent face au groupe, leur indiquent en cliquant-sifflant  le nombre de proies disponibles et tout le monde se dirige vers l’endroit désigné.

Les mères et grands-mères affligées de leur marmaille se contentent pour leur part de fouiller les fonds sableux ou les rochers à la recherche de menu fretin : coquillages, crevettes, raies, petits requins, céphalopodes, poissons plats, etc.

Le sonar est constamment utilisé pour repérer l’animal niché dans sa cachette puis pour le débusquer d’un coup sec, d’un seul «click» si massif et perçant qu’il assomme la petite proie. Certains dauphins protègent leur rostre avec une éponge creuse, de sorte qu’ils peuvent fourrager sans se blesser dans les fonds caillouteux.


 

JEUX

Les dauphins aiment jouer à tout âge et l’un de leurs sports favoris est le fameux «Jeu de l’Algue» que nombre de dolphin-watchers ont pu observer. L’objectif n’est pas de mettre le fragment d’algue ou l’objet «rigolo» (tee-shirt volé à un plongeur, emballage plastique, poisson vivant, parfois) à l’intérieur d’un but quelconque ou de gagner quelque partie que ce soit.
Tout au contraire, le jeu est coopératif et consiste essentiellement à réaliser les plus extraordinaires figures possibles avec l’objet choisi. On a pu voir ainsi de véritables champions lancer l’algue par-dessus leur aileron, la rattraper avec la caudale, l’envoyer vers l’une de leurs nageoires et la passer à leur voisin. Le jeu continue ainsi jusqu’à épuisement des joueurs et les humains seraient sans doute les bienvenus s’ils étaient capables de suivre le rythme !

Jeux avec les baleines


SOMMEIL

Les Tursiops dorment généralement à la tombée du jour, mais seulement quelques heures à la fois.
Car même alors, ils sont souvent actifs tard dans la nuit, afin de se nourrir de poissons ou des calmars qui remontent des profondeurs. On estime qu’’ils passent en moyenne 33,4% de leur temps total à se reposer.
Il existe deux méthodes de base pour dormir en mer : soit les dauphins se reposent tranquillement dans l’eau, à la verticale ou à l’horizontale ou dorment tout en nageant lentement à côté d’un autre animal. Un
dauphin peut également entrer dans une phase plus profonde de sommeil, surtout la nuit. Dans cet état, un dauphin ressemble à une bûche flottant à la surface de l’eau. Plus rarement, dans les eaux de faibles profondeurs, il peut aussi s’étendre un moment sur le sol.
Les dauphins mâles adultes, qui se déplacent généralement par paires ou par trios, nagent lentement côte à côte durant leur sommeil.

Il faut savoir en effet que le Grand Dauphin ne dort jamais qu’avec la moitié de son cerveau, fermant son œil du côté opposé. L’autre hémisphère reste éveillé à un faible niveau de vigilance tandis que l’œil correspondant reste ouvert. Ceci afin de pouvoir sans cesse surveiller les prédateurs, les obstacles et les membres de son groupe. Cela lui permet aussi de remonter régulièrement à la surface pour respirer un peu d’air frais. Après deux heures en moyenne, le Tursiops inverse le processus, reposant le côté actif de son cerveau et mettant en sommeil l’autre hémisphère. On appelle cela la «sieste du chat», lequel, comme chacun sait, ne dort que d’’un oeœil !


 


MENACES 

L’océan est un monde dangereux, comparable à une jungle en trois dimensions, sans bosquets, sans taillis, sans aucun lieu où se cacher aux regards. La vie sociale des dauphins découle d’ailleurs directement de ces conditions exceptionnelles, puisque le groupe lui-même – «l’enveloppe magique», selon le mot de Ken Norris à propos des sténelles – constitue le seul abri. Non seulement des guetteurs en assurent la sécurité mais déjà, le seul fait de se déplacer en vastes ensembles d’individus présentant une apparence physique extrêmement similaire produit chez le prédateur un effet de brouillage.

Les cétacés, ces anciens ruminants retournés à la mer il y a trente millions d’années, ont adopté l’une des stratégies de survie efficace inspirées de leurs nouveaux voisins, les poissons : celle du banc ! Les grands requins sont en effet la principale menace qui pèse sur les enfants en bas âge et même sur les adultes aux corps souvent marqués de leurs féroces morsures. L’audio-vision du dauphin s’étend sur 360°, devant, autour et derrière lui, mais malheureusement pas au-dessus ni au-dessous de lui. Et c’est par ce chemin-là que les squales choisissent d’attaquer, en plongeant en piqué sur le dos de leur proie et en remontant en vrille.


 

 VIEILLESSE ET MORT

Lorsqu’un dauphin vieillit, il s’assagit peu à peu et tend à moins voyager, à rester près d’une amie de longue date. Les femelles, quant à elles, gagnent en autorité, au fur et à mesure qu’elles avancent en âge et que leurs connaissances augmentent.
Une vieille delphine de soixante ans dispose à l’’évidence d’une mémoire très riche, incluant de multiples itinéraires et cartographies de territoires de chasse, ainsi que la prévision fine des cycles saisonniers : à quel moment tel poisson se reproduit-il ? Où trouve-t-on les meilleurs calamars ? Quelles conclusions tirer de la position du soleil dans le ciel, à tel moment de l’année ou d’un certain type d’amoncellement de nuages annonçant ou non l’arrivée d’un cyclone ? Ce savoir est précieux pour les dauphins et c’est pourquoi, loin de les exclure du clan, on entoure au contraire les anciens de respect et d’attention. Chose extraordinaire, ces grands-mères, si nombreuses dans les tribus saines et actives, allaitent encore à l’occasion lorsque l’’un de leurs petits enfants leur rend visite.

Quant aux mâles les plus anciens, deux ou trois jeunes les accompagnent souvent jusqu’à la fin de leur vie. Lorsque l’heure est venue, on soutient le mourant et on le soulève pour qu’il respire. Le cadavre tombera plus tard vers les abysses comme une feuille morte ou s’échouera sur la grève. Les dauphins prennent soin de leurs blessés et de leurs mourants, ce qui est exceptionnel dans le monde animal.

 

 LE PEUPLE DE LA MER

A lire ce qui précède, on ne peut s’’empêcher de penser que les dauphins sont une sorte de « Peuple premier » de l’’Océan, doté pour son malheur de nageoires et d’aileron plutôt que de mains et de pieds. Leur vie est la même, leurs liens sont les mêmes et leur répertoire culturel sans doute identique, lui aussi, à celui de certains peuples humains sans écriture presque privés d’outils, tels les Aborigènes d’Australie ou les Indiens d’Amazonie, c’est-à-dire constitué de mythes, de prières rituelles ou de longs récits généalogiques, mais non moins intelligents que n’importe quels Humains. Les Tursiops sont présents partout. Ils n’ont nul besoin de feu, ils ne construisent rien, ils ne détruisent rien, ils préservent leur environnement depuis des millions d’années. A cet égard, ils constituent un évident succès de l’évolution puisqu’ils occupent, comme l’Homme occupe toutes les terres sèches, toutes les mers disponibles, tropicales ou tempérées, à l’exception des zones polaires. Y aura-t-il un avenir pour eux en ces mers polluées et mortellement  bruyantes ? Survivront-ils aux pétroliers géants qui souillent leurs terrains de chasse, aux thoniers qui les noient par millions chaque année dans leurs filets dérivants, à la famine dont la surpêche les menace ? Rien n’est moins sûr.
Aux citoyens responsables du monde entier de mettre aujourd’hui tout en oeuvre pour protéger et de garder auprès d’eux ces êtres sympathiques qui pourraient être nos meilleurs alliés !

LES ANIMAUX MARINS
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Lors des sorties et balades sur le voilier « Amilou » vous aurez l’opportunité de faire la rencontre d’animaux marins qui côtoient la côte basque. Vous observerez des oiseaux marins sûrement, goélands, mouettes, pluviers et cormorans sur le trait de côte et jusque au cap Higuer. Au-delà des premiers miles nautiques en dehors de la baie il n’est pas rare de croiser le vol de Fous de Bassan ou de guillemots. Les mammifères marins sont présents le long de la côte basque, plusieurs espèces de dauphins, mais c’est le dauphin commun en petite bandes que l’on croise à quelques miles à l’ouest vers San Sebastien. Pendant la période estivale, des poissons lunes résident devant le cap Higuer, peu farouches ils laissent leurs ailerons souvent dépasser en surface. Enfin plus rarement une baleine peut être observée, il faut pour cela un peu de chance.

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